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Desperate Ravings

Nous avons testé pour vous : Shift at Midnight

Mais non, un test d'un jeu dont je n'avais parlé dans aucun article ? Et un jeu sorti il y a à peine un mois en plus ?! Eh oui, puisqu'il s'agit d'un petit coup de cœur qu'on a eu avec la team des Crewmates lors d'une session de démos sur Steam et qu'on a wishlist quasi instantanément après l'avoir finie. Après une sortie initialement prévue en mai puis repoussée au 22 juillet 2026, Fraisoo, Goaty et moi sommes engagés dans le service de nuit de la station service/supérette du coin histoire de nous faire un peu d'argent pour subvenir aux soins de notre animal de compagnie grandement malade.

 

 

Et pour cause, Shift at Midnight est un petit jeu indépendant créé par Bun Muen, un développeur solo australien habitué des concours et autres game jams à en juger par son profil itch.io avec quelques jolis placements, et il s'agit là de sa toute première sortie, publiée sur Steam par Kwalee, qui a déjà une bonne douzaine de sorties à son actif sur la plateforme dont un certain The Precinct, un jeu d'enquêtes policières qui avait fait un peu parler de lui l'an passé.

 

Au premier lancement, plutôt que d'arriver d'entrée de jeu sur le menu, la narration commence déjà et nous place en l'an de grâce 1993 face au choix de l'animal sur lequel on aura craqué dans le refuge animalier du coin entre un chat, un chien et une oie. Sauf qu'après quelques semaines, l'animal souffre d'une grave maladie et le traitement n'est pas donné et va au delà de nos finances personnelles. Pas le choix, il va falloir trouver un second taf de nuit pour payer les médocs, et ça se passera dans la supérette/station service du coin, aux abords de Midnight Town.

 

Ouais, coop oblige, j'ai mis la version française malgré ses quelques couacs !

 

Le plus dur ne sera pas forcément de gérer les stocks et de refaire les rayons (on ne peut même pas changer les prix de vente !), c'est en réalité la partie la plus anecdotique du jeu, puisqu'on est pas face à un supermarket simulator classique comme peut l'être Roadside Research auquel on a déjà joué avec les Crewmates plus tôt cette année mais aussi à un véritable jeu d'enquête. Le coin est en proie au chaos a cause de doppelgängers, imposteurs prenant les traits d'humains à débusquer et à abattre sans sommation grâce aux pouvoirs conférés par la sherifferie locale aux employés de la supérette.

 

Et c'est là la partie du jeu qui m'a le plus séduite lors de la démo jouable : le côté déduction avec différents outils et possibilités d'interrogation des clients à la pompe ou à la caisse, à la recherche du moindre détail divergent qui permet de confondre le monstre, soit en scannant sa carte d'identité et en cherchant la moindre anomalie, soit en discutant avec lui, soit en fouillant sa voiture, soit en recoupant les informations trouvées en cherchant dans la base de données sur ses proches, l'actualité, etc.. Ce qui n'est pas sans me rappeler un certain Papers, Please qu'on fera très certainement un jour ou l'autre en stream.

 

On retrouve la traditionnelle D.A. des jeux indés horrifiques à base de 3D pixellisée et avec tout un tas de filtres, assez similaire à R.E.P.O. et ça marche plutôt bien !

 

Du coup, qu'est-ce qui se passe si on se plante ? Dans le cas où on aurait tué des humains innocents, un malus est déduit de notre part des bénéfices répartis entre les joueurs pour financer les soins de nos animaux de compagnie, ce qui est assez gênant pour peu qu'on ait la gâchette facile. En revanche, si on laisse un imposteur partir tranquillement chez lui après ses achats, il ira réveiller la fameuse Entité qui viendra nous attaquer en toute fin de service, avec une puissance et une résistance proportionnelle au nombre d'erreurs commises dans ce sens ainsi qu'au nombre de jours passés.

 

Durant cette phase, c'est tout un autre pan de gameplay que propose le jeu dans lequel on aura 1 minute pour préparer le terrain avant l'arrivée du monstre à barricader les entrées, poser des pièges de toutes sortes et s'armer jusqu'aux dents avec grenades, fusils à pompe et autres lance-flammes en achetant le nécessaire sur la trésorerie de la supérette jusqu'à baisser sa jauge de patience au maximum et la faire s'enfuir sans y laisser la vie. En coopératif, ça reste rare d'en arriver là mais on a quand même réussi à devoir rejouer plusieurs fois la même journée parce qu'on est tombés tous inconscients en même temps.

 

Si cette image de combat vous effraie, sachez qu'il y a un mode arachnophobe !

 

Parce que tout comme dans Papers, Please, il y a un mode histoire avec non seulement l'animal de compagnie à guérir comme fil rouge mais aussi plusieurs personnages récurrents tels le sheriff du coin qui s'assure que tout se passe bien, les actualités journalières qui ajoutent quelques petites spécificités à chaque soirée et ajoutent peu à peu quelques nouveaux éléments de gameplay tel un tutorial le temps de prendre en main les précédents et tout un tas de petits évènements comme le responsable de la supérette qui nous houspille de la débarrasser de ses rats ou de ses cafards, et de jumpscares plus ou moins humoristiques et troll tel aller rétablir le courant derrière l'établissement qui parviennent à instaurer une ambiance inquiétante même si bien loin de celle des Resident Evil lorsqu'on les découvre pour la première fois, et tel un Phasmophobia, le fait d'être en coopératif désamorce aussi pas mal les choses. Même si les jeux d'horreur c'est pas votre truc, Shift at Midnight ne devrait pas vous faire des cauchemars.

 

C'est là qu'on en arrive au gros défaut du jeu, mais néanmoins pas surprenant du fait qu'il a été créé par une seule personne : la campagne est très courte (13 shifts nocturnes) et se plie en 4-5 heures de jeu environ. Avec 3 fins différentes en fonction des choix faits vis à vis de notre cher animal de compagnie, le jeu propose tout de même un peu de rejouabilité sauf que la plupart des happenings restent les mêmes et surviennent au même moment, j'ai également trouvé qu'il y a encore trop peu de variété parmi les clients et leurs variantes imposteur ou non, même si certains d'entre eux sont vraiment bien trouvés et bien écrits. Mention spéciale à l'ours qui parle !

 

Le jeu ne se prend absolument pas au sérieux et propose de nombreux gags comme Norbert le nain qui rivalise d'ingéniosité pour nous surprendre ! (source de l'image)

 

Et ce n'est pas le mode infini post game qui va arranger les choses, du moins pour l'instant. On l'a tenté avec les Crewmates lors de notre 3ème session et c'était souvent les mêmes clients qui revenaient sans cesse d'une journée à l'autre, qu'on les ai tués la veille ou non. Du coup, on a décidé de give up après moins de 2 heures et après avoir speedrun le tabassage express de l'entité en mode ultra vénère lors de l'ultime shift en faisant exprès d'encaisser tous les clients sans enquêter en étant littéralement surarmé avec tout le magasin criblé de mines.

 

Parmi d'autres petits soucis, je peux parler de la traduction française qui est parfois approximative pour les enquêtes et ne rentre pas forcément dans les cases allouées, du manque de clarté et de fluidité dans l'inventaire et l'utilisation des objets ou encore de certains bugs de son du vocal en jeu qui sont survenus pendant nos sessions. Mais l'auteur ne veut pas en rester là et continue de peaufiner son jeu, à commencer par débloquer la limite de 3 joueurs à 6, chose qui était pas mal réclamée par les groupes de potes ne voulant pas en laisser de côté, même si le jeu n'aura pas été équilibré autour.

 

Bun Muen ne compte pas s'en arrêter là : du nouveau contenu est au programme, dont 15 nouveaux clients rajoutés après nos sessions ! Il est également prévu un étoffement du post game au dernier trimestre 2026.

 

Comme il est de coutume sur les jeux coopératifs joués en stream, j'ai laissé la parole à Fraisoo et à Goaty sur les prochains paragraphes pour qu'ils puissent donner leur ressenti sur le jeu !

 

Goaty :

Jeu très marrant, des petits moments wtf et les dev ont calé des évènements assez surprenants et marrants. Ça manque peut-être un peu de contenu encore, rejouabilité un peu limitée pour le moment, mais c'est assez correct pour le prix. La D.A. est nice, et le jeu sait bien troller au niveau des clients et de l'identification des imposteurs c'est cool. Et avoir le fight en fin de shift ça ajoute de l'action et fait varier le gameplay et le plaisir. Les shifts pourraient peut-être avoir un tout petit plus de clients.

 

Fraisoo :

Tout a commencé lorsqu'on cherchait des démos randoms à faire à plusieurs… Si on ne s'attendait pas à grand chose, Shift at Midnight est en fait un jeu court mais plein de bonnes idées et vraiment drôle à expérimenter. Le fait d'avoir différents types de clients avec leur mini-lore à challenger (grâce à notre base de données d'abord, puis à différentes nouvelles features ensuite) permet une réflexion pas toujours facile à réaliser. Les phases de chasse en cas d'échec dans nos investigations (ou de pluie de sang, à découvrir dans le jeu) dynamisent le gameplay, et la dimension management de notre station service est très allégée par rapport à d'autres jeux. Le jeu est fun, sa durée de vie est certes courte (4-5h pour boucler une fois le mode histoire) et sa rejouabilité encore un peu limitée. Mais il ne faut pas oublier que tout ça est la création d'un seul dev à l'engagement total (+ 15 nouveaux clients avec leur lore moins d'un mois après la release du jeu !) et aux idées franchement drôles. Compte tenu du prix, ce jeu vaut vraiment le coup d'être essayé.

 

Voilà jusqu'où on est allés, sachant que la campagne se finit à la nuit 13 (l'autre c'est une partie solo viteuf pour faire quelques screens). Il reste 2 succès Steam correspondant aux 2 autres fins alternatives.

 

En tout cas, le jeu a eu droit à son petit moment de gloire sur Twitch avec près un pic de plus de 100000 spectateurs simultanés le jour de son lancement, ce qui ne me surprend pas au vu du concept présenté par la démo jouable qui mixe pas mal de styles de jeu (simulation de supermarché, horreur, enquête, coopératif). Reste plus qu'à espérer que les nouveautés qui sortent au cours des prochains mois donnent envie de revisiter la station service sans trop avoir un air de déjà vu, et qui sait, un objectif intéressant à moyen long terme qui donne envie de faire une bonne centaine de shifts ? En l'état, c'est trop court, on en veut davantage !

 

Et voilà qui marque la fin d'un test sur un jeu sorti cette année, chose rare à signaler sur le stream et le blog, et qui m'a bien pris de court ! Sur ce, on se retrouve très bientôt pour de nouvelles aventures et d'ici là, prenez soin de vous et de vos proches !

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